A propos - Regard oblique

A propos

Le monde qui nous entoure est d'une grande banalité.

Tout a déjà été vu et photographié au point que nous connaissons tous les sites les plus exotiques sans même y être allés. Combien de touristes reviennent de Malaisie ou d'Egypte en disant : "J'ai été déçu, je pensais que c'était plus impressionnant !" 


Dans le métro, dans les rues, sur Internet, nous faisons chaque jour une indigestion d'images, que nous finissons par ne même plus regarder. Chaque heure qui passe, 8 millions de photos sont publiées sur Facebook. Bien avant la naissance de Mark Zuckerberg, Susan Sontag (Sur la Photographie - 1977) considérait d'ailleurs que "Tout existe pour aboutir à une photographie".

De nombreux photographes cherchent la "belle photo" et ne se préoccupent pas de savoir si le même panorama a déjà été reproduit à l'infini.

Un peu comme au début de l'histoire de la photographie, lorsque la firme Kodak plaçait devant les plus beaux paysages américains des panneaux à l'attention des photographes indiquant le meilleur point de vue et les réglages à adopter.

En 1696, Jean de La Bruyère (dans Les Caractères) ne disait rien d'autre : "Tout est dit et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes qui pensent".


Je suis convaincu qu'il faut regarder et regarder encore cette banalité, pour se laisser surprendre et voir ce que les autres ne voient pas. C'est ainsi que pour Brassaï, « tout peut devenir banal, tout peut redevenir merveilleux ». Reste à savoir comment faire...


J'ai décidé de décomposer mon environnement (immédiat ou éloigné) en séries de formes, de signes, de scènes ou d'évènements récurrents qui semblent ne pas avoir d'intérêt propre.

Avec ces séries d'éléments similaires, la banalité du sujet disparaît pour laisser place à une vision décalée du monde.

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